La baie de Fort-de-France

En 2011, lors du salon Travel World Market, la baie de Fort de-France a été admise au club des « plus belles baies du monde » aux côtés de la baie de San Francisco en Californie, de la baie du Mont Saint-Michel en Normandie ou de la baie d’Ha-Long au Vietnam. Ce club pointilleux souligne l’intérêt de la biodiversité de la Baie de Fort de France, avec une faune et une flore marine exceptionnelles. Des qualités qui ont pu être, en partie, préservées grâce à l’excellente gestion du milieu naturel par les pouvoirs publics martiniquais, notamment avec le « contrat de baie » de la Communauté de l’Agglomération Centre Martinique (CACEM).

Romain FERRY est un biologiste marin qui a entrepris de faire un état des lieux complet de la baie. Il ressort de son travail que la baie de Fort-de-France est un plan d’eau entouré de collines créant de facto, de nombreux bassins-versants, c’est-à-dire des territoires drainés par des cours d’eau. Pour avoir une bonne qualité d’eau, il faut donc gérer ces bassins en limitant les rejets agricoles, les eaux usées de la cité…

Il s’avère que nous avons dans ce lieu, de façon inattendue, une faune exceptionnelle malgré les nombreuses pressions que subit le site. Ce fut le cas par le passé avec le rejet de chlordécone, un pesticide qu’absorbent les poissons et qui peut produire un empoisonnement pour les consommateurs qui les mangeraient.

L’érosion des sols menace également le milieu naturel de la baie de Fort-de-France. Et les répercussions sont déjà visibles. On constate effectivement depuis quelques années un envasement certain.

Plus récemment, on a également repéré l’apparition d’une espèce invasive, le poisson lion, Pteroïs Volitans. Cette rascasse volante, originaire de la région Indo-Pacifique est un carnivore vorace qui constitue une menace pour le développement des poissons locaux. Son unique prédateur serait le mérou de Nassau, (Epinephelus Striatus) poisson en voie de disparition que l’on trouve dans la baie de Fort-de-France.

Le site de la Grande Sèche

Le site de la Grande SècheLe site de la Grande Sèche

C’est un site accessible dès le N1, la zone de profondeur oscille entre 0 et 10 m.
Attention : le site étant assez plat il est facile de s’y perdre.

C’est un haut fond se situant au beau milieu de la baie de Fort-de-France. Il est bien connu des pêcheurs, car la faible profondeur en fait un lieu d’échouage pour les marins peu vigilants. Sa proximité avec le grand port de Fort-de-France, a permis à certains de penser qu’il pourrait être un site d’extraction de matériaux de construction pour l’agrandissement de ce dernier. Les travaux de Romain Ferry ont pu mettre en évidence la richesse du site, de par ses coraux centenaires, classés en voie d’extinction. Le projet d’extraction a donc été abandonné.

Ce site est l’un de mes préférés. Les nuits du mois de Septembre, je viens pour y filmer la ponte des coraux, car on y trouve une grande concentration de coraux Orbicella Annularis et Favéolata. Ils expulsent leurs gamètes une fois par an, quelques jours après la pleine lune. C’est un moment magique, unique. L’heure de la ponte étant aléatoire, il faut croiser les doigts, pour être là au bon moment, afin de profiter de ce spectacle !

Non loin de là, posé sur le dos, se trouve un hydravion : Le Sikorsky.

Le Sikorsky

C’est une plongée sur 35 mètres de fond, accessible dès le N2 avec un guide de palanquée réservée aux plongeurs aguerris. Elle doit être planifiée avec un pilote habitué aux larguages, récupération, de plongeurs.

Le 3 août 1945, le Sikorsky S43B partait de Port of Spain, la capitale de Trinitad et Tobago. Arrivé à Fort-de-France, les conditions météos sont très mauvaises : visibilité réduite, vents, et une houle s’est levée.

L’amerrissage est tenté par le pilote, qui ne se rendra compte du danger que trop tard. C’est l’accident. L’avion percute l’eau, se retourne, se remplit d’eau et sombre rapidement. Seules 10 personnes seront sauvées sur les 14 présentes.

Il s’agit d’une petite épave (16 m) posée sur le dos au-dessus d’une vase épaisse et collante. Elle est située sur le passage des vedettes ralliant Fort-de-France à l’Anse Mitan et l’eau y est très souvent chargée. On peut facilement passer à côté sans la voir.

On ne peut pas mouiller, c’est donc une descente dans le bleu qu’il nous faudra réaliser. Pas de repère autre que l’ordinateur de plongée. On s’enfonce de plus en plus dans l’inconnu jusqu’à voir apparaître le dessous de l’avion, colonisé par de longs filaments de corail formant des spirales. Un banc de carangues vient nous saluer avant de disparaître comme par magie. Les ailes du Sikorsky sont envasées mais encore visibles. On peut voir un moteur avec une pale bien droite qui s’élève du fond. Dans la carlingue on peut voir les rangées de sièges et la cabine de pilotage. De gros poissons lion vous observent comme pour vous signifier qu’ils ont pris possession de ce territoire. Les minutes filent et notre air est compté.

Il faut sortir le parachute de signalisation qui permettra au pilote du bateau de nous récupérer, une fois nos paliers terminés.

C’est le seul hydravion connu qui ait coulé en Martinique, ce qui représente le principal intérêt de cette épave. Mais les difficiles conditions d’accès font que rares sont les clubs qui y s’aventurent. C’est une plongée qu’il vaut mieux réserver aux plus aguerris de leurs membres…