Le Prêcheur et ses environs

Le village du Prêcheur, avec ses 1567 âmes est situé au Nord-Ouest de la  Martinique, en bordure de la mer des caraïbes et au pied du volcan la Montagne Pelée.

C’est le grand Nord de la Martinique, le bout de la route. Pour aller plus loin, il faut chausser les baskets ou les palmes afin de rejoindre Grand’Rivière du côté atlantique. Le Prêcheur a su conserver son côté rural, avec sa pêche et son agriculture.

Albert Falco, ancien capitaine de l’équipage du commandant Cousteau, affectionnait particulièrement de plonger sur le littoral Préchotain. Il appréciait beaucoup les résidents avec lesquels il avait noué des liens d’amitié sincère. Je le revois encore, me disant, combien le site était magnifique et l’urgence qu’il y avait à le protéger. Ce fut un travail de longue haleine avec son binôme Michel Metery. Cinq ans après la disparition de « Bébert » la collectivité territoriale de Martinique (CTM) lui rend hommage en créant au Prêcheur, la première réserve marine de la Martinique. Baptisée « Réserve Naturelle Régionale Albert Falco », elle fut inaugurée le 27 octobre 2017 en la présence de son Altesse sérénissime, Le Prince Albert II de Monaco, venu expressément en Martinique pour l’occasion.

Calme, sérénité, et tradition enveloppent cette belle commune. Immergeons-nous un moment dans ses eaux, afin de nous imprégner de son histoire et de cette ambiance du nord Caraïbes, entre terre et mer.

L’épave le Cygne

Epave le Cygne

Accessible au niveau débutant, max 20 mètres.

C’est une plongée qui nous transporte à l’époque impériale.
Le Cygne est un « Brick-goélette », navire militaire de Napoléon armé de 16 canons, construit en 1806. Il sombrera en décembre 1808 au prêcheur. Attaqués par surprise par les Anglais, les Français livreront bataille âprement, sans rien concéder à leur ennemi. Ils échapperont à leurs agresseurs, mais dans leur fuite, ils heurteront un rocher qui précipitera leur naufrage. Le feu sera mis au navire avant que les marins ne quittent le bord, ceci, afin que les Anglais ne puissent rien récupérer. Les marins regagneront le rivage à la nage.

L’épave, ou du moins ce qu’il en reste, est visible dans une eau peu profonde à l’entrée du bourg du Prêcheur. C’est dans un champ de gorgones balayés par la houle, que persistent quelques canons et une ancre de belle taille, sur un fond de 4 m. Bien que peu profond, ce site implique de rester vigilant car il y a parfois de très forts courants, comme nous avons pu l’expérimenter lors du tournage du film « Martinique, à la recherche des trésors de la mer » réalisé par Teddy Albert. De plus, il jouxte un tombant qui descend par 40 mètres de fond. Il convient donc d’avoir la compétence ou l’encadrement pour en profiter en toute sécurité.

En conclusion cette épave fait partie du patrimoine de la Martinique, témoin de notre passé tumultueux. Elle nous rappelle de façon concrète qu’il y a eu des batailles navales et que certains y ont laissé leur vie. Respectons ce site, comme les autres sites avec des épaves de même nature, qui doivent selon moi être connus mais pas pillés.

L’Îlet « La Perle »

C’est un site accessible dès le niveau 1 de plongée, mais vu l’éloignement de la côte et les conditions de mer qui peuvent surprendre, je préconiserais le N2.

Au large de l’Anse Couleuvre, une plage sauvage composée de sable noir, se trouve l’îlet de la Perle, une émergence volcanique. Ce gros rocher est le spot de plongée le plus au nord de la Martinique. Encore très peu fréquenté par les plongeurs, du fait de son éloignement, c’est un site naturel qui mérite d’être connu.

C’est ici que s’arrête la route. Cet îlet ressemble à celui du Diamant en plus petit. Nous voici en présence, de par sa position géographique, d’un « hot spot » de biodiversité. Il est situé dans le canal de la Dominique et son éloignement ainsi que les conditions de mer qui en découlent lui assurent une protection naturelle. Ce rocher présente un intérêt autant terrestre (pour la faune aviaire, les oiseaux marins), que sous-marin, avec la riche faune sous-marine. On peut y rencontrer des pélagiques en bancs, tels que les barracudas, carangues et autres thazards, des mérous, sardes à queues jaunes. Ainsi que des murènes, des langoustes, des tortues. Les parois du rocher descendent jusqu’à 60 mètres de profondeur et les courants puissants peuvent vous emmener vers le large. Vu la grande profondeur, il n’est pas question d’y jeter une ancre. Ainsi, le site est préservé de tout labourage. Les plongeurs doivent être largués et récupérés à l’aide d’un parachute de signalisation.

En conclusion lorsque l’on plonge à la Perle on a l’impression que le temps s’est arrêté, le sentiment d’être le premier à y tremper ses palmes. Vous vous sentez comme absorbé dans ces grands espaces pleins de vie. À la sortie de l’eau vous avez compris l’intérêt de préserver notre espace marin.