Les Anses-d’Arlet

L’épave du Nahoon

L’épave du Nahoon

Plongée N2, 35 mètres assez facile, repérée en surface par une bouée. Il faut par contre se méfier des courants qui peuvent être très forts.

Un peu plus au sud, au large de l’Anse Dufour, l’épave du Nahoon a été coulée, à l’initiative de Michel Pivette, avec les efforts du COREMA, le comité de plongée de la Martinique. Le Nahoon était un baliseur de 41m qui officiait à l’embouchure de la gironde en 1911.

D’abord « Quinette de Rochemont », bateau à vapeur entrainé par deux chaudières, en 1950, il devient le « Masoala » à son arrivée à Madagascar.

Les chaudières et la machine à vapeur sont enlevées au profit de deux moteurs diesel. En 1952 il devient le « Caraïbe » en Guadeloupe. Il sera désarmé en 1953. En 1966, pendant le passage du cyclone Inès, il largue ses amarres et va s’échouer sur un haut fond. En 1967, l’épave est rachetée par un particulier et baptisée « Lucifer », puis « Nahoon ». En 1984, elle est rachetée dans le but d’en faire un bar qui ne verra jamais le jour.

Dans le courant des années 1990, le COREMA (Comité Régional Martinique de plongée) est à la recherche d’un navire pouvant servir de récif artificiel. Après une tentative infructueuse sur un bâtiment réformé de la Marine Nationale, il se retourne vers le Nahoon qui, après de longues démarches et une dépollution en règle, est immergé volontairement le 2 octobre 1993 sur un fond de sable par 35 m dans la Baie de Fort-de-France au large de la Pointe de la Baleine.

C’est une très belle plongée où l’eau est souvent limpide.
L’épave est en règle générale, repérée en surface par une grosse bouée de mouillage. Elle est posée à plat et possède de grandes cales à larges ouvertures, permettant une exploration toute en confiance. Lors de notre exploration, nous sommes accueillis par une magnifique raie pastenague, posée sur le pont. Les mats tombés à bâbord, sont le lieu de rencontre de nombreux Vivaneau ou Lutjanusanalis que nous dérangeons à peine lors de notre passage. À l’arrière, les deux arbres d’hélices sont séparés par le safran déformé lors de la chute de l’épave. En remontant sur le pont, ne ratez pas l’occasion de prendre la pose derrière la barre à roue encore mobile.

Avant de remonter, visitez la salle des machines. Il vous faudra alors être bien équilibré, sous peine de soulever les particules et de ne plus retrouver la sortie. Ne vous laissez pas surprendre par le temps, jetez un œil à votre manomètre de temps en temps, il y aura des paliers à prévoir…

En conclusion, le Nahoon est l’unique épave coulée délibérément par l’homme pour les plongeurs en Martinique. Posée à plat sur un banc de sable, elle est devenue au fil du temps, un récif artificiel où l’on trouve une forte concentration de poissons. Ce site est l’un des plus fréquentés de l’île. C’est un réel succès touristique et économique qui devrait être reconduit sur d’autres sites, notamment dans le sud, qui présente très peu d’épaves. Cela augmenterait son attrait touristique, économique et écologique.