Saint-Pierre

La ville de Saint Pierre, au début du XXe siècle était appelée « le Petit Paris des Antilles ». Elle était le centre économique et commercial de la Martinique, et des Antilles. La ville devait sa prospérité au commerce du sucre et du rhum. Les échanges commerciaux se font avec la France et ses autres colonies, les deux Amériques, l’Angleterre et ses colonies, Porto-Rico, Cuba, Saint-Domingue, le Venezuela, le Canada, Saint-Pierre-et-Miquelon…

C’est dans ce contexte de prospérité, avec l’organisation du second tour des élections législatives, qu’en mai 1902 se réveilla le volcan. La Montagne Pelée grondait et fumait déjà depuis quelques jours, mais peu de gens lui prêtaient attention.

Le 8 mai 1902 à 7h52, après une détonation, la nuée ardente, nuage de cendres, de pierres et de gaz enflammés, recouvre la ville, comme un linceul, et ensevelit 26 000 âmes. La température atteint les 1000 degrés. L’air est irrespirable, les navires dans la rade s’enflamment. Le Roraïma brûle pendant trois jours et trois nuits avant de sombrer dans les abîmes.

Il faudra attendre 75 ans, en 1977, pour que Michel Metery et son acolyte Jean Bally découvrent puis déclarent 14 épaves dans la rade. Aujourd’hui, ces épaves sont signalées en surface par un balisage.

Le Roraïma

Le RoraïmaLe Roraïma

Au regard de la profondeur un niveau 3 de plongée est nécessaire pour une exploration au-delà des 40 mètres, de préférence avec un guide qui saura vous orienter sur les points d’intérêts. Cette plongée, de par sa profondeur et la longueur de l’épave, doit être planifiée. Il faudra plusieurs plongées pour la visiter en entier.

Le Roraïma est la plus grande des épaves découvertes en Martinique. C’est un bateau à vapeur anglais en provenance de New York avec une cargaison de lampe à pétrole. Il repose par 60 mètres de fond. Il présente deux grandes ouvertures béantes. Une à l’avant, l’autre à l’arrière permettant une exploration au cœur même de l’épave. Il possédait deux mâts de chargements qui ont été soufflés par la nuée ardente. L’une des images les plus marquantes du Roraïma est sa proue haute d’une quinzaine de mètres. Le pont avant est éventré laissant l’accès libre au puit de chaine immense. On peut y entrer pour découvrir la bulle d’air qui y est emprisonnée. Les plus téméraires retireront leur détendeur pour s’écouter parler d’une voix nasillarde sous l’effet de la pression. Prenez garde à ne pas respirer cet air vicié. L’affaissement du pont permet aussi d’accéder à des coursives à bâbord. Nous arrivons à la cheminée qui a été elle aussi soufflée et laisse un trou béant. En poursuivant notre exploration de l’avant vers l’arrière, nous arrivons à la cabine du capitaine avec ses toilettes privées. La cuisine, toujours très étroite dans un bateau, est un couloir, à traverser en file indienne ouvert des deux côtés. Un peu plus loin, nous arrivons à la salle des machines avec son jeu de volants et autres manettes nécessaires à la propulsion à la vapeur.

Cet endroit, bien qu’il soit suffisamment large pour accueillir plusieurs plongeurs il nécessite d’être parfaitement équilibré, sous peine de soulever la vase épaisse et de ne plus retrouver la sortie. Juste avant la cale arrière, se trouve un bout de mât de chargement à côté du treuil encore présent. Dans la cale, très envasée, on peut voir un amas de lampes à pétrole qui ont dû fondre pendant l’incendie. Après une dernière cassure béante, on arrive sur la fin du pont arrière très envasé.

Il faudra tout de même garder à l’esprit que cette épave a plus de cent ans. Personne ne  peut prédire à quel moment telle ou telle partie de l’épave va s’affaisser. Toute incursion est à vos risques et périls.

Parmi les 14 épaves inventées par Michel Metery, Le Roraïma est la plus grande et la plus fréquentée par les plongeurs. On peut également citer entre autres le Biscaye, la Thérésa, le Clementina, le Diamant etc… Plus au sud, mais toujours dans la rade de St Pierre se trouve le célèbre TAMAYA qui repose par plus de 85 m de fond. La zone d’évolution de la plongée a l’air est 60 m, son exploration est donc réservée a un petit nombre d’initiés qui font de la plongée technique (mélanges respirables autres que l’air).

Le Roraïma